Dans la prise en charge du psycho-trauma chez l’enfant, la parole traditionnelle montre vite ses limites. L’EMDR s’impose comme une alternative efficace car elle traite le souvenir non pas par le récit verbal, mais par le corps et les sensations.
Le mécanisme : agir sur la mémoire sensorielle
Chez les plus jeunes, le traumatisme ne se stocke pas sous forme de récit, mais d’éclats sensoriels figés (images, sons, odeurs) dans le système limbique. Forcer un enfant à raconter l’horreur peut être re-traumatisant. Les Stimulations Bilatérales Alternées (SBA) permettent de retraiter l’événement directement au niveau neurobiologique, sans imposer le poids des mots.
L’exemple clinique : Flora et la sécurité incarnée
La prise en charge de la petite Flora, survivante de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais, illustre cette dynamique. L’enfant souffrait d’insomnies et d’une impossibilité douloureuse de quitter son père.
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Un aménagement thérapeutique : Pour cette thérapie, Flora est restée sur les genoux de son père.
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Le père comme lieu sûr : Chez l’adulte, le lieu sûr est une image mentale. Chez l’enfant, il doit être réel et charnel. C’est adossée physiquement à son père que Flora a pu intégrer, par étapes et au fil de sa croissance, les images et l’odeur du sang qui la submergeaient.
En EMDR, le changement ne vient pas de l’interprétation intellectuelle, mais de l’autorisation à réinvestir la perception en toute sécurité.
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