
Pourquoi l’EMDR fonctionne avec les enfants : l’importance du lieu sûr
« Le tableau devant moi, un père et sa fille enlacés, me fait penser à un Vermeer. La lumière de ma fenêtre irradie cette dyade. Le père tient dans ses mains les stimulateurs tactiles disposés en diagonale sur le corps de Flora. Du fait de l’âge de la petite fille, je ne lui demande pas de me parler. Comment pourrais-je demander à une enfant de me décrire ces horreurs ?
Alors c’est moi qui le fais, j’énonce le mien, de 14 juillet, celui du clinicien qui a entendu toutes ces atrocités, tant et tant de fois. Je me lance, “on va y arriver, me dis-je, on va y arriver, André”, petit discours intérieur, petite voix imaginaire comme un Autre moi-même. J’ai la gorge serrée, c’est difficile, les patients défilent dans ma tête, les souvenirs affluent. Alors, d’une voix calme (c’est incroyable comme j’ai une voix calme alors que c’est une tempête en moi), je lui dis: « Flora, tu as peur la nuit car le soir te fait penser à cette soirée de juillet, celle du feu d’artifice. Ton cerveau est un peu bloqué sur ce moment-là… alors on va revoir tout cela comme un film, tu sais, comme les résumés des épisodes précédents dans une série Netflix ? Tu vois ? ». Elle acquiesce en me souriant, trouvant visiblement l’idée intéressante.
